Programme d’Accès au Financement des Producteurs et Entrepreneurs Agropastoraux (PAF-Agro)

L’objectif serait de réduire l’une des principales contraintes au développement des exploitations agricoles, élevages, coopératives et petites entreprises agropastorales : l’accès à des financements adaptés.

La question du financement est déjà identifiée comme un enjeu structurel dans la stratégie de développement rural mauritanienne. En 2026, le gouvernement prévoit notamment la mise en œuvre d’un dispositif de financement et d’assurance du secteur agricole avec une implication accrue du secteur privé.

1. Objectifs du programme

Le programme visera à :

  • faciliter l’accès des producteurs aux crédits agricoles et pastoraux ;

  • accompagner les jeunes et les femmes dans la préparation de projets bancables ;

  • aider les coopératives et GIE à formaliser leurs activités ;

  • mobiliser les banques, institutions de microfinance, fonds publics et partenaires techniques et financiers ;

  • développer des mécanismes de garantie et de partage des risques ;

  • favoriser le financement des équipements, intrants, cheptels et infrastructures ;

  • faciliter le financement de la transformation et de la commercialisation ;

  • encourager les investissements privés dans les filières agricoles et animales.

2. Les bénéficiaires

Le programme pourrait être ouvert à :

Producteurs individuels

  • agriculteurs ;

  • maraîchers ;

  • éleveurs ;

  • producteurs de lait ;

  • aviculteurs ;

  • producteurs de fourrage.

Organisations collectives

  • coopératives ;

  • GIE ;

  • associations de producteurs ;

  • organisations professionnelles ;

  • groupements de femmes et de jeunes.

Entrepreneurs agropastoraux

  • unités de transformation ;

  • chambres froides ;

  • unités de collecte de lait ;

  • abattoirs et boucheries modernes ;

  • entreprises de distribution ;

  • fournisseurs d'intrants et de matériels agricoles.

3. Un accompagnement avant le financement

L'ASAP-M ne devrait pas se limiter à chercher de l'argent pour les producteurs. Elle pourrait mettre en place un véritable service de préparation au financement.

Chaque porteur de projet pourrait bénéficier de :

  1. diagnostic de son activité ;

  2. identification de ses besoins ;

  3. élaboration d'un plan d'affaires ;

  4. calcul des investissements nécessaires ;

  5. prévision du chiffre d'affaires et des charges ;

  6. étude de rentabilité ;

  7. constitution du dossier administratif ;

  8. préparation du dossier bancaire ;

  9. orientation vers l'institution financière appropriée ;

  10. accompagnement après obtention du financement.

Cette approche rejoint les modèles d'accompagnement des agri-entrepreneurs qui combinent renforcement des compétences, analyse des filières et préparation à l'investissement.

4. Plusieurs formes de financement

Le programme pourrait orienter les bénéficiaires vers plusieurs instruments :

Besoin Financement possible
Semences, engrais, aliments Crédit court terme
Achat de cheptel Crédit moyen terme
Matériel agricole Crédit moyen/long terme
Irrigation Crédit d'investissement
Chambre froide Crédit d'investissement
Transformation Crédit d'équipement
Commercialisation Crédit de campagne
Création d'entreprise Fonds propres + crédit
Jeunes entrepreneurs Microfinance / fonds dédiés
Coopératives Financement collectif
Projets importants Banque + investisseurs + partenaires

La Caisse des Dépôts et de Développement, à travers le Crédit Agricole de Mauritanie, propose déjà notamment des financements pour les intrants, la trésorerie, la commercialisation, le matériel d'irrigation et les équipements agricoles.

5. Créer un « Fonds de préparation et de garantie »

L'ASAP-M pourrait également défendre la création d'un mécanisme permettant de résoudre un problème fréquent :

Un producteur peut avoir un bon projet mais ne pas disposer de garanties suffisantes pour obtenir un crédit.

Le programme pourrait donc rechercher auprès de l'État, des bailleurs, des banques et des partenaires internationaux un fonds de garantie agropastoral permettant de partager une partie du risque avec les institutions financières.

6. Financement adapté aux filières

Le programme pourrait fonctionner avec des guichets spécialisés :

Guichet Agriculture

  • céréales ;

  • maraîchage ;

  • fruits ;

  • oasis ;

  • cultures fourragères.

Guichet Élevage

  • bovins ;

  • camelins ;

  • ovins/caprins ;

  • aviculture ;

  • amélioration génétique.

Guichet Lait

  • production ;

  • collecte ;

  • transformation ;

  • chaîne du froid.

Guichet Viande

  • engraissement ;

  • abattage ;

  • transformation ;

  • conservation ;

  • distribution.

Guichet Jeunes

  • création d'entreprises ;

  • innovation ;

  • agriculture moderne ;

  • services agricoles.

Guichet Femmes

  • coopératives ;

  • transformation alimentaire ;

  • élevage ;

  • maraîchage ;

  • activités génératrices de revenus.

7. Partenariat avec les institutions financières

L'ASAP-M pourrait établir des conventions avec :

  • banques commerciales ;

  • Crédit Agricole de Mauritanie ;

  • institutions de microfinance ;

  • fonds publics ;

  • partenaires techniques et financiers ;

  • programmes nationaux ;

  • investisseurs privés.

À titre d'exemple, le programme Al Baraka de TAAZOUR prévoit des interventions concernant les AGR, l'inclusion dans les filières agropastorales et l'accès au microcrédit.

8. Un principe essentiel : financer des projets bancables

L'ASAP-M pourrait adopter une règle simple :

« Nous ne promettons pas un financement ; nous préparons les producteurs à accéder au financement. »

Cela permettrait de préserver la crédibilité de l'Alliance tout en créant un véritable pont entre les producteurs et les financeurs.

9. Résultat attendu

À terme, le PAF-Agro pourrait devenir une plateforme nationale permettant de :

Identifier → Former → Structurer → Préparer → Financer → Accompagner → Suivre

L'ambition serait de faire de l'ASAP-M un facilitateur entre les producteurs mauritaniens, les institutions financières, l'État, les investisseurs et les partenaires au développement, afin que le manque d'accès au financement ne constitue plus un obstacle majeur à la modernisation de l'agriculture et de l'élevage.