Filière maraîchage en Mauritanie
La filière maraîchage constitue un levier important pour renforcer la sécurité alimentaire, créer des emplois et développer les revenus des producteurs en Mauritanie. Elle concerne notamment la production de tomate, oignon, pomme de terre, carotte, chou, laitue, poivron, aubergine, concombre, gombo, courgette, pastèque et melon, ainsi que différentes plantes aromatiques.
1. Les attentes de l’Alliance
L’Alliance pour la Souveraineté Agropastorale en Mauritanie (ASAP-M) souhaite contribuer à l’émergence d’un maraîchage :
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productif et moderne, utilisant des techniques adaptées aux conditions climatiques du pays ;
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économe en eau, grâce à l'irrigation goutte-à-goutte, au paillage et à une meilleure gestion des ressources hydriques ;
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accessible aux jeunes et aux femmes, afin d'en faire une véritable source d'emploi et de revenus ;
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orienté vers le marché, en rapprochant la production des besoins réels des consommateurs ;
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structuré en filière, de la production à la commercialisation, en passant par le stockage, le conditionnement et la transformation ;
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capable de réduire progressivement la dépendance aux importations de légumes.
2. Une vision pour le maraîchage
Notre vision est celle d'une Mauritanie capable de produire davantage de légumes frais, de qualité et à des prix accessibles, tout en valorisant ses ressources en eau, ses terres agricoles, ses producteurs et son potentiel humain.
Il ne s'agit pas seulement d'augmenter les superficies cultivées. Il faut construire une véritable chaîne de valeur maraîchère, dans laquelle le producteur, le collecteur, le transporteur, le commerçant, le transformateur et le consommateur bénéficient chacun d'un système mieux organisé.
L'ASAP-M ambitionne ainsi de favoriser la création de pôles maraîchers modernes autour des zones présentant un potentiel agricole et hydrique, avec des infrastructures adaptées : périmètres irrigués, serres, systèmes d'irrigation économes, chambres froides, unités de conditionnement et moyens de transport.
3. Les principaux défis
Le développement de la filière reste confronté à plusieurs défis :
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disponibilité et coût de l'eau ;
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accès aux semences et aux intrants de qualité ;
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insuffisance des équipements agricoles ;
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difficultés de financement des producteurs ;
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pertes après récolte ;
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manque de capacités de stockage et de conservation ;
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difficultés de transport vers les marchés ;
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fluctuations des prix ;
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faible organisation collective des producteurs ;
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insuffisance de formation technique et entrepreneuriale.
Ces défis doivent être considérés non seulement comme des contraintes, mais également comme des opportunités d'investissement et d'innovation.
4. Les axes stratégiques de l'ASAP-M
Axe 1 — Moderniser la production
Promouvoir les serres, l'irrigation goutte-à-goutte, la mécanisation adaptée, les semences performantes et les techniques permettant d'améliorer les rendements tout en économisant l'eau.
Axe 2 — Former les producteurs
Mettre en place des programmes de formation sur les techniques culturales, la gestion de l'eau, la lutte intégrée contre les ravageurs, la gestion d'exploitation, la comptabilité simplifiée et la commercialisation.
Axe 3 — Organiser les producteurs
Encourager les coopératives, associations et groupements de producteurs afin de faciliter l'achat collectif d'intrants, l'accès au financement, la mutualisation des équipements et la négociation avec les acheteurs.
Axe 4 — Développer la conservation et la transformation
Investir dans les chambres froides, le conditionnement, le séchage, la transformation de la tomate, des fruits et légumes, ainsi que dans la production de jus, purées, sauces et produits séchés.
Axe 5 — Améliorer la commercialisation
Créer des circuits plus directs entre producteurs et marchés urbains, notamment Nouakchott et les principaux centres de consommation, afin de réduire les intermédiaires et d'améliorer la rémunération du producteur.
Axe 6 — Encourager l'entrepreneuriat des jeunes et des femmes
Faire du maraîchage une activité économique moderne pouvant attirer les jeunes à travers des modèles d'exploitation rentables : petites fermes, serres, pépinières, unités de conditionnement, transport frigorifique et transformation.
5. Une approche « produire – conserver – transformer – commercialiser »
Pour l'ASAP-M, le développement du maraîchage ne doit pas s'arrêter à la production.
Produire → collecter → trier → conserver → conditionner → transformer → transporter → commercialiser.
Cette approche permettrait de créer davantage de valeur en Mauritanie, de limiter les pertes et de générer des emplois tout au long de la chaîne.
6. Objectif à long terme
L'ambition est de faire progressivement du maraîchage une filière économique structurée et compétitive, capable de contribuer à l'alimentation de la population, à la création d'emplois ruraux et périurbains, à l'amélioration des revenus des producteurs et à la souveraineté alimentaire.
Pour l'ASAP-M, le maraîchage ne doit donc pas être considéré uniquement comme une activité agricole : il doit devenir une véritable chaîne de valeur agroalimentaire, créatrice de production, d'emplois, de revenus et de valeur ajoutée nationale.